Si l’absurdité se vendait en toutes sortes de contenants de toutes les grandeurs et couleurs, j’en serais la représentante étoile. Vous savez, celle dont la photo trône au milieu d’un aimant carré sur le frigidaire de la cuisinette des employés.
Les nouveaux seraient jaloux que de représenter l’absurde me vienne si facilement, si naturellement. Peut-être même que le grand Patron Absurde voudrait me former pour former les autres, qu’on puisse perpétuer dans l’allégresse notre savoir, qu’on alimente les générations futures.
Si j’avais cet emploi, je serais une femme terriblement heureuse. J’aimerais tellement mon boulot que dans une situation inattendue comme une grossesse surprise, je finirais par être extatique de regarder cette crevette grandir aux côtés de son paternel dont le simple regard ferait frémir toutes les parties de mon corps.
Bien sûr les nouveaux me trouveraient géniale d’avoir pensé à joindre l’utile à l’agréable, d’apporter un peu d’illogisme dans mon quotidien pour être encore plus performante au travail.
Vraiment, si je pouvais être incohérente jusqu’à ma mort, je le ferais.
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Je pourrais te raconter la fois où j’ai voulu me sauver dans le rire, me noyer dans l’humour. Je voudrais t’expliquer cette redondance éternelle, cette boucle infernale de la naïveté artificielle.
Well, Amy hit the atmosphere
Caught herself a rocket ride out of this gutter
And shes never coming back I fear
Anytime it rains she just feels a lot better
And thats all that really matters to me
Ça devient lourd de porter cette bonhommie contagieuse, d’être responsable de ton bonheur et du leur. Je manque de force pour moi-même, de temps pour réfléchir, et je dois quand même être drôle et enfantine, te faire couiner de joie.
Penses-tu qu’on vit à moitié quand on s’efforce de voir du beau dans le laid? Penses-tu que le cynisme est une voie facile et évidente?
Je m’épuise à questionner et à hésiter, comme c’est absurde. J’envie l’aveuglement qui transporte sans plus de cérémonie et qui permet un bonheur frêle mais tangible.
Je déteste l’esprit qui oblige les éternelles remises en question, qui force le désir de nouveautés, de défis insurmontables pour se recentrer sur l’essentiel.
Je suis vidée, j’ai besoin d’un boulot. Mes cours me semblent dérisoires devant le besoin de concret. Je vais me flageller le postérieur à grands coups de volonté, allons!
Jésus plize, gimme a job.
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Je laissais aller les choses, me disant que le flot d’absurdités sur certains sujets que traîne trop souvent le web avec lui allait finir par disparaître dans la brume. J’écoutais la trame sonore de Juno en espérant éteindre la révoltée en moi. Un peu de légèreté, come on Anne. Joindre ma voix à tous les autres personnes qui ont leur petite opinion personnelle basée sur rien pour parler de gens qu’ils ne connaissaient pas? Vaut mieux mourir, alors taisons-nous, tout ce monde en moi.
Je n’ai pas envie de vous dire pourquoi je n’aime toujours pas Michael Jackson, pourquoi je suis mitigée face au suicide de l’écrivaine qu’est Nelly Arcan, pourquoi la mort de Pierre Falardeau m’atteint d’une façon toute particulière.
Ce qui me dépasse et me fait en parler malgré toutes mes belles promesses de silence, ce sont les inconnus. Ces voisins aimables qui décèdent tous les jours, ces vieilles tantes malades et ces enfants dont les parents conduisaient saouls. Je comprend le phénomène, plus la personne est connue plus il y a de gens qui la connaissent. Plus de personnes la pleureront. Plus de personnes pleureront en ne connaissant strictement rien de cette personne.
Là, je bouillonne. Je lis les témoignages d’amour pour une pauvre artiste troublée qui s’est suicidée, des tonnes de femmes instables touchées par cette tragique fin. Et tous ces autres, suicidés? Toutes ces familles en deuil? Le suicide est la plus importante cause de décès au Québec, je peux pas croire que ça prend une nobody comme moi pour vous le remettre en pleine face. Je banalise pas le fait du tout, au contraire. Le suicide me touche de très près et j’aimerais justement que quand une personne connue s’enlève la vie, une personne renseignée et sensible se lève pour parler de ce fléau et sensibiliser les gens.
Si je peux terminer ce texte par une réflexion qui me frappe chaque fois que je vois les gens pleurer la mort de personnalités qu’ils n’ont même jamais eu la chance de croiser :
Est-ce plus triste qu’une personne dont le travail et même l’existence est reconnue à jamais décède? Est-ce que la fillette pleine de potentiel qui aurait pu changer le monde ne mériterait pas le même nombre de témoignages d’amour, de tristesse pour son pauvre sort qui ne sera même pas reconnu? Une sombre trace de journal et l’existence de cette fillette finira par s’effacer jusque dans la mémoire collective.
Je sais que la tristesse ne se quantifie pas, je sais que certains liront ce texte en y voyant de l’indifférence ou même de la condescendance mais il n’en est rien.
Ce que je veux c’est vous rappeler que partout dans le monde, environ chaque fois que vous clignez des yeux, il y a un mort. Un bébé, un enfant, un adolescent, une jeune mère, un homme dans la fleur de l’âge, une jeune grand-mère, un arrière-grand-père.
Des uniques qui décèdent avec leur bagage et leurs possibilités. Des uniques qui ne pourront plus.
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Avec la mémoire qu’on me connait, dire que je m’en rappèle comme si c’était hier serait un traitre mensonge. Je m’en rappèle plutôt comme si c’était ce matin, comme si c’était encore cuisant.
Dans le haut de cette ancienne chapelle, probablement à l’endroit où était l’orgue, j’écoute Your heart is an empty room en me demandant si c’était vrai. Ça me fait rire jaune maintenant, ce qui est sans doute mieux que de trembler d’effroi. J’ignore pourquoi le besoin d’exhumer cet événement se fait sentir dans ce lieu absurde, sur cette trame sonore inadéquate.
Quand j’analyse toutes les images de cet après-midi, je crache un ricanement mauvais, sentant un feu de haine et d’effroi s’embraser dans le creux de mon ventre. Un Sainte-Foy automnal comme les précédents, où j’aurais sans doute dû accepter de ramasser les feuilles en famille.
Pourtant, quelque part en haut, dans cet esprit troublé en quête d’intensité, je suis reconnaissante. J’ai vu la laideur à sa plus simple expression, le ridicule dans toute son immensité. J’ai été dégoûtée, charmée, perversement troublée. J’ai compris.
En comprenant j’ai lentement appris à apprécier, puis j’en suis devenue dépendante. Dans ma tête d’adolescente toute fraîche j’avais cru que les étranges des vidéos que je visionnais en secret n’étaient qu’une mince partie de la population, évidemment ceux que je ne croiserais jamais, à l’abri dans les jupes de maman, dans notre banlieue si belle.
J’aurais pas cru que ça pouvait être si beau et si laid à la fois, si bon et si dégoûtant.
Te voir grogner sur mon petit corps abandonné et douloureux, fermer les yeux, fermer les poings. Entendre tes sons, sentir ta sueur couler sur ma peau immaculée, les poils de ton torse sur ma minuscule poitrine. Le dégoût. Plus je te criais de sortir plus tu entrais profondément, la bête derrière l’homme a détruit l’enfant, fort et sauvagement. J’ai hurlé, j’ai voulu ta mort subite, même sur moi.
Je n’irai jamais jusqu’à te remercier mais grâce à toi, belle ordure, j’ai appris à trop réfléchir. Voir tous les aspects de toutes les choses, tous les extrêmes du n’importe quoi. J’ai appris à être excitée de cette fois-là, à m’imaginer comme une héroïne violée alors que j’avais joué l’agace imprudente. Encore.
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Car quand je le veux, je peux devenir Dieu
Vivant sur le qui-vive, en équi…libre comme l’air… de rien
T’nez-vous ben, j’m’en viens
Tout comme Poséidon, je possède le don
De faire frémir les flots
Quand je dis «vent», vingt vagues vont de l’avant!
Mais le plus souvent, verre de vin à la main, je divague en vain sur le divan
Hier matin fiston s’est levé en sueur, l’air perdu, le visage plein de morve séchée de la nuit. Il faisait de la fièvre, délirait, ne voulait plus manger, avait besoin de sa maman. Maman avait une tonne de travaux à avancer dans ses cours en plus des programmes individuels à monter pour chacun de ses élèves.
Une journée complète collée avec mon tout petit, ça devrait bien se prendre? Une journée qui s’annonçait terriblement occupée en considérant que fiston était à la garderie, à finalement avoir toute la misère du monde à le déposer pour faire du lavage? Il délirait dans son sommeil, m’appelait en pleurant doucement.
J’ai adoré passer la journée à flatter les cheveux de mon adoré, ça ne fait aucun doute. Sa maladie s’est imposée dans notre horaire, j’ai dû accepter de n’être que là pour lui.
Tout ça pour dire qu’hier soir j’ai pris peur. J’ai eu une terrible envie d’un verre de vin immense et bien plein, de m’étourdir pour oublier les choix illogiques que je fais sans arrêt. Étudier en élevant un enfant toute seule, à quoi j’ai pensé? Est-ce qu’il mérite de manger des pâtes un jour sur trois parce que je suis terriblement égoïste?
Hier soir j’abandonnais tout, je devenais fonctionnaire. Aujourd’hui je cours partout à essayer de rattraper mes morceaux, à ne pas faire subir à mes élèves mon manque de temps, à aller à ma réunion pour le bulletin de nouvelles de la télé communautaire même en sachant qu’il devra souper à la garderie et que de m’impliquer dans ce projet est une frivolité que je me permet pour mon épanouissement personnel.
Je suis faible, je me sens faible. J’ai besoin que ça me frappe parfois, faut croire. Je dois tout remanier, tout repenser. Je dois tout détruire pour mieux reconstruire?
Je suis avalée, je vais tout arrêter et boire tranquillement.
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C’est drôle d’adopter un personnage qui existe déjà, on dirait que je repeins l’absurde. Je suis convaincue que quelqu’un a essayé d’écrire ton histoire, si ce n’est toi. Ça ne m’intéresse pas les détails, même si on me les offrait.
Je te sais si bien, je te devine. Tu es chétif et immense à la fois, d’un ordinaire qui frôle l’extraordinaire. Ton charisme m’étouffe, tu parles beaucoup trop fort. Ta voix résonne partout à travers les esprits échauffés. Ils sont forcés de t’entendre, tais-toi.
Quand tu parle de tes enfants, que tu décris votre quotidien. Quand tu lances des rêves qui te font frémir, quand tu nous les offre à la place de les consommer, je te lis. À quel point t’ont-ils dit que l’apparence et l’argent devaient être tes priorités?
Tu dis une phrase et tu sens autre chose. Je te regarde en me moquant, les yeux humides. Tu es un paradoxe ridiculement triste. Détruire tes ambitions grandioses et troublantes pour un présent commun et écrasant. Je savais qu’il existait le manque de courage, mais l’absence totale?
Je te garde dans le coin de ma mémoire, pour la fois où je vais te reconnaître.
Plein de plumes et de paillettes ou à militer pour ta fierté en devenant la vedette que tu crois mériter être? Dans le Journal de Montréal, ton portrait-robot de pédophile en fuite?
Ça me tord de penser que ton esprit ne pourra peut-être jamais regarder en face l’étendue de sa folie. Dépêche-toi, ton abandon me donne déjà envie de dévorer ton potentiel avant même d’avoir commencé ton histoire.
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Le mélange du grotesque et du tragique est agréable à l’esprit, comme les discordances aux oreilles blasées.
Bientôt un an depuis le moment où je me suis inscrite à l’école, un an de nouveaux défis et de tentatives de découverte. Les questions classiques, vous savez. Qui suis-je? Où vais-je? Pourquoi?
Et ça m’arrive comme une claque sur la gueule, je vais perdre une autre année. Je n’apprend pas assez, les défis sont moindres. Il me vient en tête qu’un nouvel emploi serait une bonne idée, une grande montagne de nouveautés pour les prochains mois, en attendant mieux. En attendant des études plus grandes encore, en espérant y apprendre autant de choses que ce qu’on me fait miroiter.
C’est un anti-problème tout ça. J’ai un emploi et des études que je peux faire à temps plein, mais il manque quelque chose. Déjà deux vies entières dans les choix et je ne pourrai m’empêcher d’y donner un grand coup.
La reine de la procrastination, de l’appartement en constante rénovation, l’utilisatrice la plus fidèle des excuses de manque de temps, celle qui a besoin de paresser trop souvent… elle, elle est en manque. En manque de moi, en manque de grandiose, d’expansion. Un nouveau défi s’il vous plait, une carrière boiteuse qui veut prendre son envol en plein apprentissage.
Je suis Anne, madame n’importe quoi, qui attendra sa destinée assise sagement sur son gros cul.
Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire.
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Un grand titre pompeux pour toi, ô ma plus belle relation amour-haine à vie. Quand t’arrive rapidement comme ça tu me coupe le souffle, j’ai l’impression que tu veux m’étrangler tendrement. Je sais que je t’aime mais j’ai de la difficulté à t’accepter, par habitude ou par besoin de grands drames. Ça viendra bien de toute façon, tu ne cesse de t’imposer en criant les bras en l’air, les pieds dans mes fenêtres. Côté façon d’attirer l’attention, t’es pas si mal.
All these people drinking lover’s spit
Swallowing words while giving head
They listen to teeth to learn how to quit
tied to a night they never met
You know it’s time
that we grow old and do some shit
I like it all that way
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waking up today
i’ve got the whole world on my plate
but what happens next?
something’s not the same
Le nouveau matin d’une nouvelle année. Bonne fête-euh-à-moi.
C ‘est passé, c’est fait, c’est réglé. Une autre page de tournée, j’ai survécu! La bipolaire en moi est extatique ce matin, j’ai envie de crier des chansons des Beatles et de marcher en sautillant. Des pas chassés aussi, pourquoi pas? Donnez-moi plus que ces souffles de fantaisie, que ces zéphyrs de lubies, je ne veux qu’un mistral de folies à m’en faire délirer le sens.
C’est de te voir nu dans ma cuisine, vulnérable à la clarté de la lune pleine. C’est tes yeux qui sourient dans les miens, tu me donne le plus beau des cadeaux. Bonne fête femme, je vais t’aimer comme tu le mérite. Fais-le je t’en prie, je t’en supplie, fais-moi tienne. Prend-moi au moins jusqu’à ce prochain anniversaire, quelques centaines de jours pour te faire croire à la magie. Qu’on s’invente un monde complet duquel être nostalgique, que l’irrationnel le devienne tant qu’on s’en rendra fous.
and i’ll take you to the city
my dear, you look so pretty
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J’en rêve chaque jour un peu plus.
Continuer à imaginer des plans sans queue ni tête pour que tu me fasse l’amour dans une forêt qui sent les couleurs. T’embrasser si près d’un arbre qu’en ouvrant les yeux en cachette ton visage volerait quelques teintes à la nature.
C’est avec toi que je veux le partager, mon automne à venir. Une saison toute neuve juste pour nous.
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Tu es si belle.
Ton corps de femme voulant naître à son rythme, tes formes ne cherchant qu’à faire de toi une adulte. Pourquoi freiner cette ascension, pourquoi refuser de passer à autre chose?
Ton visage est merveilleux, tes hanches laissent présager des formes toutes féminines et uniques. Accepteras-tu de t’aimer, de te laisser être? De laisser la fillette derrière toi et d’être fière de cette poitrine qui pourrait te donner la plus belle des silhouettes? Cette peur que les hommes te rejettent quand tu auras l’air d’une femme, pourrais-tu être moins cohérente?
Je te prendrai doucement la main, je te dévoilerai mon corps de mère s’il le faut. Tu réapprendras lentement le plaisir de manger, de laisser ta gourmandise s’exprimer. Retrouver la vraie fillette en toi, celle qui se trouvait tellement jolie dans une robe de princesse et qui volait des jujubes à sa soeur en cachette. On s’inspirera de l’enfant que tu étais pour t’aider à bâtir la femme que tu deviendras.
Ça ira, tu es si belle.
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Petite fille, pauvre petite fille. Il te parle de ce stage bidon dans une maison de disque et tu te trémousse d’excitation. Tu ne prendras pas ton envol dans un collège, tu n’apprendras pas qui tu es.
Deux petites filles maintenant, une autre maigrichonne fière à qui on donnerait quatorze ans. Vous êtes épeurantes dans votre naïveté.
Qu’est-ce que je fais ici? Elle se met à pleurnicher. Oh non, elle pleure maintenant. Elle voulait un stage à Musique Plus la plus petite, et c’est le garçon qui a un âge relativement décent et une gueule plus sympathique qui l’a eu.
Vous êtes fous, mais une folie laide, tellement laide. Vous êtes laids, vous essayez d’être quelqu’un d’autre. Avec vos orteils peints et vos longs colliers, vous m’écoeurez.
Je vous déteste d’essayer d’être quelqu’un d’autre tout le temps, c’est atroce.
Vous n’êtes plus mignons dans votre naïveté, maintenant je trouve ça dégoûtant. Pourquoi n’est-ce plus émouvant à regarder, pour moi? La jalousie?
J’envie vos ambitions utopiques, je vous emmerde de pouvoir rêver. Je vous déteste, petites filles. Et je serai meilleure que vous dans ces stages de toute façon, bon.
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Ça se peut pas?
Je sais que c’est pathétique, vingt-quatre heures sans me faire noyer de caresses et je remet encore une fois en doute l’idée même que ce soit arrivé. J’aimerais pouvoir me délester de ce besoin de me protéger contre toutes les intempéries, des plus laides aux plus jolies.
Dans ma tête de fillette-mère qui s’est fait répéter trop longtemps qu’elle était instable à un point dangereux pour elle-même, qu’elle ne s’en tirerait pas sans médication et sans la présence d’une personne mieux qualifiée qu’elle pour gérer sa propre vie, se laisser aller devient une expérience chaotique.
Je m’en suis tirée pas si mal, je crois. J’ai survécu en retrouvant le goût de rigoler de n’importe quoi et mon fils sourit de toutes ses belles dents quand je lui fais des grimaces, ça va?
Ça va.
Ça va, la routine quoi. On est heureux comme de beaux imbéciles, on s’appartient et tout. On s’arrange comme on peut avec son paternel bon à rien, mes projets versus mon porte-feuille qu’on doit partager, mon besoin d’être une grande imbécile inconsciente et immorale. Tout roule généralement bien, quelques histoires par-ci par-là, rien de trop angoissant parce qu’il faut rester forte et détachée pour conserver cet équilibre durement gagné.
Devant ces yeux perçants qui veulent me dévorer, devant ces grandes mains pleines de promesses, devant ces mots qui ne cessent de me couper le souffle, devant cette envie terrible de laisser tomber toutes mes grandes barricades… je freine. Je m’arrête pour mieux savourer et pour mieux prendre conscience de ce que je vais faire, tenter de faire, voudrais faire.
Te laisser entrer dans nos vies et nos coeurs, pour le meilleur et pour le pire? Prendre ces moments à graver en moi pour toujours, considérer ce que ça implique pour ma raison de vivre qui dort dans la pièce d’à côté, soupeser tous les aspects de ce grand bonheur devant ce malheur possible.
J’ai peur en étant la plus forte. J’ai peur que la vie me déçoive, une fois de plus. Ce fût facile un temps d’éviter les occasions de déception dans l’espoir que mon coeur ne parle pas avant moi.
T’as voulu dire ton mot l’Émotion, assume alors. J’espère que tu pourras me reconstruire si je me brise encore.
cancel all your plans, i’m taking over now
for what it’s worth, it’s been a long time coming
help me choose all the words i need to say
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Je me sens le pluriel frivole ces temps-ci, on dirait que tous mes mots sont des suites de plusieurs. Est-ce que c’est le fait de se sentir moins seule qu’à l’habitude? Ou bien j’analyse d’une façon particulièrement féminine-astrologiefreak plutôt inutile?
J’aurais pas deviné que de laisser mes tripes s’étirer jusqu’à l’autre bout de la ville pouvait me donner cette étrange impression de voler. Plus je passe de temps contre toi plus cette proximité me fait sentir libre. Je n’essaye pas de comprendre, depuis quand suis-je un être logique de toute façon?
J’avais oublié que les amoureux pouvaient regarder les gens seuls en ayant l’impression de connaître un secret que les autres ignorent. J’avais oublié que j’avais oublié, en fait. Une douce façon de soigner sa santé mentale que de ne pas vouloir savoir ce qu’on manque.
Encore incapable de tout laisser aller, je veux garder la magie pour la prochaine fois que tu visite mon oreiller.
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The killer in me is the killer in you
My love
I send this smile over to you
Même en enfilant mes immenses lunettes de soleil rouges j’ai une pensée pour toi. Pas d’anecdote précise où tu ris de moi parce qu’elles sont démesurées ou beaucoup trop rouges, juste l’idée que tu le ferais sans aucun doute. Je suis charmée, terrible.
J’écris moins juste parce que tu lis, mais je sais que tu t’en doute. Faut réserver ses premières pensées colorées à la personne concernée, je crois? J’ai des envies d’atroces poèmes dégoulinants d’envies et de bonheur assomant, je ne sais plus comment faire les choses. L’ai-je déjà su?
J’oscille encore entre me lancer les yeux fermés et rationnaliser à un point où je me cacherais dans un garde-robe pour toujours juste dans l’espoir de me préserver l’émotionnel intact. Faut pas s’en cacher, l’air de rien, je suis prudente. Dur à croire, j’ai une façon bien absurde de gérer tout ça.
Ô spontanéité, reste mon alliée je t’en prie. Fais bien les choses et je t’inviterai à la cérémonie.
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Une grande envie de coup de pied dans le visage, le rôle du visage ou du pied pour moi, rendu là rien à foutre.
Je déteste les émotions, je les fuis toujours pour une raison bien précise qui m’éclate au visage dans ces instabilités que les excès corporels et cervicaux me procurent. Je m’arracherais le visage lentement avec mes ongles, une manucure de sorcière toute fraîche juste pour le plaisir des chaires, ou plutôt cette fin de chaires toute macabre.
Je n’accepte pas la défaite alors je ne devrais jamais commencer le combat, logique? Après quelques bons coups dans le génital on devrait apprendre à se tenir loin de la bagarre.
Argh je suis négative, frustrée et triste. Tout ça à cause de cette grosse vache de fatigue qui me martèle sans cesse la conscience du plaisir.
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I am thinking it’s a sign that the freckles
In our eyes are mirror images and when
We kiss they’re perfectly aligned
And I have to speculate that God himself
Did make us into corresponding shapes like
Puzzle pieces from the clay
True, it may seem like a stretch, but
Its thoughts like this that catch my troubled
Head when you’re away when I am missing you to death
When you are out there on the road for
Several weeks of shows and when you scan
The radio, I hope this song will guide you home
They will see us waving from such great
Heights, ‘come down now,’ they’ll say
But everything looks perfect from far away,
‘come down now,’ but we’ll stay…
I tried my best to leave this all on your
Machine but the persistent beat it sounded
Thin upon listening
That frankly will not fly. you will hear
The shrillest highs and lowest lows with
The windows down when this is guiding you home
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C’est ça la chanson de Béru ou c’est autre chose? J’entend que ça dans le moment, je la rechante à haute voix avec les paroles qui me plaisent bien.
Salut salope, c’est toi la vie? Non googlez pas, c’est pas la chanson Salut à toi. C’est une autre où il crie très fort des choses insensées entre les vraies paroles qui circulent sur l’internet.
Peu m’importe au fond. Ça sent la grande folie démesurée et ça me plaît terriblement. La vie est une salope mais moi aussi et on s’aime bien entre nous je crois.
Une partie de cette jeune sotte renaît avec toute sa nouvelle conscience. J’ai envie de me perdre si c’est ce qui doit arriver. Ça va tellement vite en moi, on dirait que je cours autour de cette histoire et donc autour de toi.
Cette fille me voit me perdre l’esprit, résister à cet autre devant nous qui m’avait convaincu que ça ne pouvait être que ça. Fuck you l’Autre.
Rien à foutre. J’ai toutes ces choses terriblement belles et excitantes à dévorer. Allons, allons.
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Only so many words that we can say
Spoken upon long-distance melody
This is my hello
This is my goodness
There’s really no way to reach me
‘Cause I’m already gone
J’ai envie de me confondre en excuses. De mélanger le fait que tu mérite mieux et que je suis pitoyable. Je m’excuserais pour ces autres qui m’ont lapidé l’envie de me perdre.
Je sais que la prochaine fois que je pourrai te sourire j’oublierai tout mais j’ai besoin d’écrire ces atrocités qui traversent mes songes. Je déteste cette grande brèche en moi qui pourrait me faire passer à côté de la vie si elle ne repoussait pas toujours mes limites à grands coups d’extraordinarités.
C’est différent. C’est différent à cause de Toi. Tout est différent même si je m’encrasserais dans ma normalité blasée et bornée.
Je l’entend encore me répéter de dire Oui à la vie si ça m’arrive. Je dis Oui, je dis Oui tellement fort… mais j’ai peur d’avoir dit Oui trop fort, déjà.
Is there really no way to reach me?
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the bottom the earth i have to fall
but you really caught me
you really caught me, dear
at the bottom where I’d fallen.
and slowly dear ask that you dance with me
here with the shades down
lights off
Je râle étendue sur cet immense sofa collant en regardant mes pieds marquer le mur et tenter d’atteindre le plafond. On se raconte des choses un peu trop drôles pour être vraies pendant que tu peins un grand visage vert sur une toile. Des positions et des activités inhabituelles pour se dire des histoires qui n’ont jamais l’air vraies. Band of horses me donne subitement envie d’écrire une bribe des merveilleux troubles qu’il me procure.
Je me demande si c’était vrai ton amour du bout du monde avec celui plein de noeuds? Est-ce que ça valait la peine de se tordre l’estomac? Es-tu plus heureuse au final même si ça devait finir?
C’est terriblement doux ce qui m’arrive mais dès que je m’en éloigne les petits démons reviennent me hanter, me rappeler que j’ai arrêté d’y croire il y a longtemps. J’ai gardé conscience que je ne pourrais le savoir qu’en y étant confrontée une fois pour toute. Chaque jour repoussera ma limite? Je voudrais vivre un roman où tout semble imaginé d’être si idéal et tu me donne envie d’y croire sincèrement. Souvent mes tripes se lançent où mon esprit s’arrête. Le moment où ma tête aura envie de se lancer dans le vide en prenant une grande bouffée d’air et en espérant ne jamais en manquer, me suivras-tu? Resteras-tu pour qu’on respire ensemble? Mes yeux oublient trop souvent de voir devant pour se rappeler l’image des tiens.
i’ll wait
for you to come down
where you’ll find me
where we’ll shine
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